Rémi Brassié [guitares - clarinette - objets]

 

Autodidacte par choix forcé, il pratique d'abord la guitare par ses propres moyens. Très vite, il éprouve la nécessité de jouer en groupe, bercé par la musique pop et le rock des années 70. Puis la motivation disparaît, et il reste longtemps sans toucher un instrument.

Sa participation à un séminaire de psychanalyse sur la création réveille ce désir. D'abord par le biais de ce que semble promettre la technologie informatique. S'apercevant que ce qui le poussait à ce travail n'était pas d'appuyer sur des boutons ou de cliquer avec une souris, il se remet à jouer. Entre temps, il faut dire qu'il y a eu la rencontre avec le jazz contemporain et les musiques improvisées.

Il est donc impliqué depuis quelques années maintenant dans la pratique instrumentale, essentiellement dans le champ des musiques improvisées. Au fil des rencontres avec d'autres praticiens de l'improvisation, il construit son langage, s'approprie la musique et les instruments qu'il aborde. Son instrumentarium se compose essentiellement de guitares d'une clarinette en sib, de quelques autres objets et d'un brin d'électronique. Il s'attache à explorer ce qui l'interpelle dans les esthétiques contemporaines: la fin d'une fascination pour la perfection du beau au profit d'élaborations de formes nouvelles où se dévoilent le souci d'une invention langagière permanente, avec le moins de refoulement possible. Cette orientation, apparue notamment avec l'avènement du free jazz, sert de point d'appui à son travail de recherche: l'accident et la faute font partie intégrante de son jeu, fait de fractures, de tensions, de timbres et textures parfois bruitistes, sans pour autant rejeter la mélodie ni l'harmonie.

Son souci principal est de rendre possible autant que faire se peut, l'échange et la rencontre entre praticiens, et entre praticiens et public, autour de l'objet sonore dans ce qu'il a d'énigmatique et profond, tout autant qu'il peut se révéler évocateur et suggestif. Si pour lui cet objet engage plus que tout autre le corps, et permet de se décoller des représentations confortables dans lesquelles on reste douillettement installé, il ne doute pas que pour d'autres, aussi, il puisse avoir cette fonction puissamment subversive dans le lien social. Quiconque s'intéresse à l'improvisation et notamment ce que nous appelons l'improvisation libre, saura de ce dont il est question. Pour ceux à qui cela ne dit rien, on ne peut que conseiller de s'intéresser aux musiques improvisées et au jazz, notamment celui qu'on dit contemporain.

Ce rapport entre la pratique musicale et le lien social est au cœur de sa recherche et l'amène à participer à différentes expériences collectives, notamment en participant à la fondation et à la vie du collectif SonoFages.